Le bonheur, ça se désire

Faites vous tout, mais absolument tout pour être heureux…en réunion ?

Entre les gens insatisfaits par les réunions et les gens pas heureux en réunion, il n’y avait qu’un pas que je franchis allègrement.

Je vous propose cette réflexion sur la quête du bonheur inspirée par les travaux de Sonja Lyubomirsky, professeur dans une grande Université californienne et reconnue pour ses recherches sur le bonheur. Elle est l’auteur de deux grands livres: « The How of Happiness » et « The Myths of Happiness ».

Vous avez probablement beaucoup lu de choses sur la façon de trouver le bonheur … et pourtant, vous ne vous levez sans doute pas tous les matins en sautant de joie.

En Europe, tout commence quatre siècles avant JC avec Aristippe qui fonde l’école hédoniste, du mot grec « hédon » qui signifie plaisir. La recherche du plaisir et l’évitement du déplaisir sont le but de l’existence humaine. Les fondations directes d’une philosophie hédoniste sont la curiosité et le goût pour l’existence d’une part, et d’autre part l’autonomie de pensée -non la croyance-, le savoir et l’expérience du réel -non la foi-.

Un siècle plus tard, Épicure prend le relais… Les clés de la doctrine d’Épicure ont été gravées sur le mur d’un portique :

  • Les dieux ne sont pas à craindre
  • La mort n’est pas à craindre
  • On peut atteindre le bonheur
  • On peut supprimer la douleur

A la même époque, pour l’école des stoïciens, le bonheur est une attitude de la volonté. Être maître de ses opinions et de ses jugements, c’est être maître de l’univers.
Plus proche de nous, en 1923, l’écrivain et Philosophe Alain s’en fait l’écho et publie dans un « Propos sur le Bonheur » : « Penser, c’est vouloir », ce qui signifie que le bonheur n’est pas un simple fruit que l’on cueille et déguste mais qu’il se fabrique dans l’action.

Que nous dit aujourd’hui Sonja Lyubomirsky, plongée dans notre époque courtermiste de « tweets » et de « j’aime » ?
Qu’il nous faut adopter une démarche de recherche active du bonheur, que celle-ci sera systématiquement contrecarrée par un phénomène baptisé « l’adaptation hédonique » et que la clé est de pimenter le quotidien.

– Rechercher activement quelle est la « meilleure version de vous-même »

C’est une recette de grand-mère, mais il se trouve que les psychologues le confirment : ça marche.
Les gens à qui on demande d’être reconnaissants, une fois par semaine pendant six semaines, deviennent réellement plus heureux et leurs relations sont améliorées (relire à ce propos 21 jours pour changer). Chercher à faire le bien, rendre des petits services, génère du bonheur.
Chacun doit trouver la stratégie qui fonctionne le mieux pour lui : pratiquer un sport, rendre un service quotidien, améliorer une amitié…
Le fait d’imaginer ce que serait votre vie parfaite, « la meilleure version de vous-même », de la traduire en objectifs crée de facto une trajectoire du bonheur, qui peut vous rapprocher de ce parfait, de la vie heureuse.

Mais mauvaise nouvelle : ça ne peut pas durer…

– L’« adaptation Hédonique »
Nous sommes ainsi faits, nous prenons tous les choses pour acquises, au bout d’un certain temps.
Or, il se trouve que le bonheur ne peut s’acquérir à vie du fait de cette adaptation.
Les chercheurs ont étudié les gens qui ont souffert de terribles accidents et ont fini en fauteuil roulant. Devinez quoi ? Finalement, beaucoup se sont adaptés et sont de nouveau heureux.
Mais les chercheurs ont également étudié des gagnants de la loterie … Après quelques temps, eux aussi finissent par s’adapter et ne sont plus heureux comme on pouvait l’imaginer.
Aucun événement ne peut donc nous faire basculer d’un coup de baguette magique dans le bonheur pour le reste de notre vie.

Mais bonne nouvelle : il y a une solution pour contrer l’adaptation Hédonique.

Le piment du quotidien
Les habitudes sont géniales pour faire avancer les choses et nous rendre la vie beaucoup plus efficace. Mais en raison de l’adaptation Hédonique, les habitudes peuvent être un gros problème pour le bonheur.
Pour battre l’adaptation Hédonique, nous devons garder une fraicheur, essayer des choses nouvelles, surprenantes, différentes.
Un moyen concret ? Demandez-vous ce que feriez si cela était votre dernier mois?
Une expérience a été conduite auprès d’étudiants de l’Université George Mason en Virginie en leur demandant de prétendre qu’il ne leur restait qu’un mois avant de partir au loin. Ils ont tous savouré chaque semaine le temps restant avec leurs amis, famille et proches. Leurs émotions positives et leur bien être ont été mesurés en très nette hausse à l’issue de l’expérience.

Qu’en déduire pour vos réunions ?
Si elle se passent mal, pensez « réunion idéale » à la façon d’Alain- vous avez beaucoup de matière sur ce blog – et commencez une démarche de petits pas.
Exemples : Vous percevez que certains participants sont peu motivés ou désintéressés ? Prenez un peu de temps pour aller vers eux et demandez leur pourquoi. Peu d’actions sont réalisées ? Débrouillez-vous pour qu’à la réunion suivante, vous puissiez communiquer sur des succès et …félicitez.. Qu’est ce qui me fait le plus mal en réunion ? Evitement

Si elles se passent bien, elles aussi seront un jour ou l’autre victimes de cette adaptation Hédonique, qu’il faut contrer, donc ne baissez pas la garde.
Exemples : proposer une animation tournante, introduire du fun  (stratégie du trombonne), ne pas laisser la routine dominer,…

En ce qui me concerne, d’avoir écrit ce post pour vous, me rend plus heureux cette semaine 😉

Je suis Zen !

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