" Pourquoi tout remettr' à demain ?" paroles d'André Hornez composées en 1937, un an avant l'étude d'Harvard !

Une Bien Bonne Nouvelle

Il y a un truc qui paraît impossible, c’est de savoir, entre tous les chemins possibles, celui qui nous rendrait le plus heureux.
Généralement, quand on y pense, c’est trop tard.
Et quand on interroge les gens sur ce qui les rendraient heureux s’ils pouvaient choisir, on est dans le fumeux, le conventionnel ou le rêve sans consistance parce que sans conséquence.

Et bien, à Harvard, ils ont répondu à cette question grâce à une étude sur le « développement adulte » initiée en 1938.
Dans cette conférence TED de 2015, le psychiatre Robert Waldinger, son quatrième directeur, nous explique ce qui nous rend heureux, non pas en se basant sur un appel à la mémoire pour comprendre le passé ou à un sondage pour imaginer l’avenir, mais sur une observation continue de la vie de vraies personnes pendant 80 ans et qui continue encore.

C’est dingo, non ?
Alors, qu’est-ce qui nous garde en bonne santé et heureux tout au long de notre vie ?
Une idée ?

Quand on demande…

Si nous devions investir, ici et maintenant, dans la future meilleure version de nous-mêmes, dans quoi mettrions-nous notre temps et notre énergie ?
A un sondage récent auprès de la Génération Y pour savoir quel était le but le plus important dans leur vie, plus de 80% ont répondu « devenir riche »,  50% « devenir célèbre ».

Pour réussir, on nous dit constamment de nous mettre au travail, de travailler plus dur, de faire plus.
On nous fait croire que c’est cela qui nous permettra de réussir notre vie et de trouver le bonheur.
Et si on demande aux gens ce qui les a rendu heureux, ils font appel à leur mémoire et on le sait, celle dernière est créative et sélective.
Alors, on n’a toujours pas la bonne réponse.

Quand on observe…

L’étude d’Harvard sur le développement adulte est sans doute la plus longue jamais réalisée sur un tel sujet.
Leur idée était d’observer des vies entières en train de se dérouler pour voir vraiment ce qui maintient les gens heureux et en forme.

En 80 ans, ils ont suivi les vies de 724 hommes, année après année, en s’enquérant de leur travail, de leur vie de famille, de leur santé, et bien sûr en les interrogeant sur leurs perceptions de leur vie présente et future.
Des études comme celle-là sont extrêmement rares, car le plus souvent elles ne passent pas l’épreuve du temps, par manque de leader, de financement, d’intérêt ou par accident de parcours.
Dans cette étude, plusieurs générations de chercheurs se sont succédées et 60 des 724 jeunes hommes du départ étaient toujours en vie au moment de la conférence, ayant dépassé les 90 ans.
Et les chercheurs continuent d’étudier les quelques 2000 enfants de ces hommes après avoir intégré aussi (enfin) le sexe féminin.

Ils avaient décidé de suivre les vies de deux groupes d’hommes, ce qui rend l’étude encore plus intéressante :

  • Le premier groupe, des élèves en deuxième année à Harvard.
  • Le deuxième groupe, des garçons du quartier le plus pauvre de Boston, choisis parce qu’ils venaient de familles désavantagées.
    La plupart vivaient dans des HLM, beaucoup sans eau courante.

Quand ils sont entrés dans le programme, tous ces jeunes ont été interviewés, ont passé des examens médicaux.
L’équipe de recherche est allée chez eux et les a interviewés ainsi que leurs parents.
Et puis ces jeunes ont grandi, sont devenus des adultes et sont passés par toutes étapes de la vie, avec ses hauts et ses bas, dans sa diversité de métiers et de réussite.
Tous les deux ans, patiemment et méticuleusement, l’équipe de chercheurs continue de les interviewer chez eux et d’étudier leur famille, leur santé.

Au cours de ces 80 ans, les chercheurs ont sans cesse étudié et corrélé les données des dizaines de milliers de page de cette étude.
Ils ont appris que ce n’était pas la richesse, la célébrité ou le travail qui rendaient les gens plus heureux.
Ce sont … les bonnes relations qui nous rendent plus heureux et en meilleure santé.

Ce qu’ils ont observé

  1. Les connexions sociales sont bonnes pour nous alors que la solitude tue
    Les personnes plus connectées socialement à leur famille, à leurs amis, à leur communauté, étaient plus heureux, physiquement en meilleure santé et vivaient plus longtemps.
    La solitude est donc apparue toxique.
    Les gens plus isolés des autres que ce qu’ils souhaiteraient, s’avèraient être moins heureux, leur santé déclinant plus tôt, leurs capacités cognitives aussi et ils ont eu des vies plus courtes.
    Une précision toutefois qu’apporte l’étude : ce n’était pas le nombre d’amis qui comptait, mais la bonne qualité de la relation.
    Les mariages conflictuels ou sans affection sont apparus comme très mauvais pour la santé.
    Vivre au milieu de bonnes, chaleureuses relations est donc protecteur.
  2. On peut prédire la qualité du vieillissement passé 50 ans
    Les chercheurs sont alors revenus sur les 50 ans de nos octogénaires et ont compilé toutes leurs données.
    Ce n’était pas le taux de cholestérol ou une autre donnée qui permettait de prédire comment ils allaient vieillir.
    Là encore, c’était leur niveau de qualité dans leurs relations.
    Les gens qui étaient les plus satisfaits dans leurs relations à 50 ans étaient ceux en meilleure santé à 80 ans.
    Ils supportaient même mieux les douleurs physiques liées au vieillissement que les autres qui signalaient une douleur physique aggravée par la douleur émotionnelle.
  3. De bonnes relations protègent le cerveau
    La mémoire des personnes qui avaient des relations de qualité avec leur entourage restait aiguisée plus longtemps.
    Ceux qui pensaient n’avoir personne sur qui compter ont eu des déclins précoces de la mémoire.
    Avoir de bonnes relations ne signifie pour autant des relations lisses et sans dispute.
    Mais tant que les couples d’octogénaires savaient pouvoir compter l’un sur l’autre en cas de coup dur, ces disputes n’avaient pas d’effets négatifs sur leur mémoire.

Que nos relations profondes soient bonnes pour notre santé et notre bien-être est une sagesse ancestrale.
Pourquoi est-ce si dur à comprendre et si facile à ignorer ?
« Parce que nous sommes humains, attirés par les solutions faciles et obtenues sans effort » nous dit Robert Waldinger.
Les relations sont désordonnées et compliquées et c’est un dur labeur de les cultiver avec la famille et les amis, tout au long de notre vie.
Ça ne finit jamais.
Dans cette étude, ceux qui étaient les plus heureux en retraite étaient ceux qui avaient été très actifs pour trouver de nouveaux amis.

Comme pour la génération Y, la plupart des jeunes hommes de cette étude pensait que le bonheur et la santé viendraient de la richesse, de la célébrité et du travail.
Et comme la génération Y, ils se trompaient.

Robert Waldinger conclut avec simplicité sa conférence : « Une belle vie est construite avec de belles relations »

Et dans l’entreprise ?

J’attends avec confiance l’étude qui aura observé que la qualité des relations en son sein rend l’entreprise plus pérenne et performante !
C’est une évidence généralement incomprise ou ignorée.

Pour commencer à y remédier : lire ou relire le problème de la bougie et testez votre intelligence émotionnelle.
En fredonnant un classique  qui a traversé le temps (merci internet !) :
Qu’est- ce qu’on attend pour être heureux ? Qu’est-c’ qu’on attend pour fair’ la fête ? Y a des violettes…

Les bonnes relations rendent Zen !

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