Pour changer, faut bien commencer par un bout...
Pour changer, faut bien commencer par un bout...

Qu’est-ce qu’ Une Heure ?

Il y a 25 siècles, Héraclite disait : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. »
L’heure, un liquide ?
Certes, le temps est une donnée périssable, non renouvelable. C’est notre bien le plus précieux.
Le visualiser comme une eau qui s’écoule, sans maîtrise, est sans doute très poétique, mais aussi très angoissant, car il ne nous laisse pas beaucoup de prise.
Et si l’heure était aussi un solide ?

Au travail, est-ce qu’elle ressemblerait plutôt à un gros rocher, un bloc de 60 minutes compact, entier, avec de belles facettes ou à un gros tas de cailloux, informe, fragmenté, brisé, une collection de courts moments de travail ?

Quand on regarde les outils que l’on utilise, les objectifs que l’on se fixe ou subit, les attentes et l’horaire que l’on doit respecter, est-ce que notre journée ressemble plutôt à des blocs de rocher ou à un tas de cailloux ?

Notre journée de travail n’est plus seulement pavée de réunions et égrainée de conversations téléphoniques.
Elle est aujourd’hui l’objet de notifications incessantes, saupoudrée de tweets, couverte de discussions temps réel des chatgroups et bientôt des chatbots, hachée par le travail en mode multitâches.

Avec la révolution digitale on a l’avènement du temps fragmenté.
Si le temps fragmenté devait être considéré comme une maladie, sa généralisation en serait l’épidémie.

Alors que faire ?
Il est peut-être temps de lire ou relire Peter Drucker,  le « pape du management ».
Ce visionnaire né en 1909 qui a connu Schumpeter, Keynes, même Hitler à qui il s’est opposé, a écrit pendant près de 70 ans des dizaines de livres vendus à des millions d’exemplaires qui ont inspiré les managers du monde entier.
il est à  l’origine de nombreux concepts et outils utilisés dans le monde de l’entreprise, dont le fameux DPO (Direction Par Objectifs) :
« La gestion par objectifs assure le rendement en convertissant les besoins objectifs en buts personnels. Et c’est là une vraie forme de liberté »
Dans les années 50, cette philosophie du management est centrée sur la responsabilité et l’autonomie, un style de management en rupture avec celui de l’époque, marqué par le Taylorisme et le Fordisme teintés d’autorité et d’obéissance.

La méthode Drucker

Selon lui, l’erreur la plus évidente que commettent les travailleurs du savoir est qu’ils commencent par exécuter leurs tâches sans prendre le temps de les planifier pour les maîtriser.

Sa méthode peut être grossièrement divisée en trois étapes :

  1. La première étape est de comprendre comment est utilisé notre temps
    Pour cela, disposer d’un système d’enregistrement unique, à la main, dans notre calendrier ou à l’aide d’un outil numérique Toggl, RescueTime,…)
    « L’homme est mal équipé pour gérer son temps. Même dans l’obscurité totale, la plupart des gens conservent leur sens de l’espace. Mais même avec les lumières allumées, quelques heures dans une pièce isolée rendent la plupart des gens incapables d’estimer combien de temps s’est écoulé. […] Si nous comptons sur notre mémoire, par conséquent, nous ne savons pas comment le temps a été consommé »
  2.  La deuxième étape est de l’analyser
    Peter Drucker justifie ainsi cet investissement : « Je n’ai pas encore vu un travailleur du savoir, quel que soit son rang ou son poste, qui ne pouvait envoyer à la corbeille quelque chose comme le quart des demandes qui occupent son temps sans que personne ne remarque leur disparition »
    Le but de cette étape est de déterminer où le temps est gaspillé.
    Peter Drucker nous suggère de nous poser deux questions :
    – Que se passerait-il si cela n’avait pas été fait?
    – Est-ce que quelqu’un d’autre peut le faire mieux que moi ?/em>
    Dans le monde numérique et pour certaines activités, on peut aussi rajouter l’automatisation de tâches répétitives en utilisant des applications comme Zapier ou IFTTT.
    Et bien entendu l’utilisation d’outils numériques pour suivre ou partager ses listes de tâches, qu’elles soient issues de réunions ou de réflexions personnelles
    Lire ou relire Coolaborative Kanban et Transformation Digitale
  3. La troisième étape est de le consolider
    Si la deuxième étape consistait à trouver du temps perdu et à l’éliminer, celle-ci consiste à le réorganiser.
    Un peu comme quand on utilise un outil de défragmentation pour optimiser les temps d’accès à son disque dur.
    Un bloc d’une heure n’équivaut pas à dix blocs de six minutes.
    Drucker recommande que nous bloquions au moins un quart de notre journée pour faire un travail personnel et ciblé :« Même un quart de la journée de travail, s’il est consolidé en unités de temps, est généralement suffisant pour faire les choses importantes »

Enfin, Peter Drucker conclut par cette recommandation : « Les cadres efficaces revoient l’utilisation de leur temps deux fois par an ».

Alors …

Non seulement,
il faut garder ses gros rochers, mais il faut aussi respecter ceux des autres, c’est cela le management.
Et il ne faut plus dire : ‘Pas le Temps… sans penser que c’est peut-être un rocher que l’on détruit à jamais.
Chaque heure est une œuvre éphémère.
Sculptons la bien, car à la fin du fin, elle nous revient.

Le monde numérique peut nous y aider assurément.
Dernier conseil pratique pour ne plus être dans le rouge, pour les petits et les grands, il y a des apps sympas : Travaillez en Pomodori.

Zen l’heure solide !

Comments:0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.