Je classe, je classe rien, je classe tant que je peux, puis quand j'en ai trop, je fous tout à la poubelle et je recommence...
Je classe, je classe rien, je classe tant que je peux, puis quand j'en ai trop, je fous tout à la poubelle et je recommence...

Overdose chez les Drogués au Mail

Cette infographie tourne sur internet depuis quelques mois.
Prenons quelques minutes pour réfléchir à ces chiffres  impressionnants.
Ça fait un bon petit sujet avant les départs en vacance de cet été.

5,6 heures par jour

Nous sommes tous devenus des super concierges de nos entreprises, chacun de nous doit lire, décrypter, trier, enregistrer, répondre, remplir la poubelle… près de 40.000 mails par an.
Et chacun y va de sa petite stratégie : je classe, je classe rien, je classe tant que je peux, puis quand j’en ai trop, je fous tout à la poubelle et je recommence…

Avant 1971 et la géniale invention du @ de l’email par Ray Tomlinson, le courrier arrivait à l’entreprise et une secrétaire l’enregistrait et le dispatchait dans de beaux parapheurs. On ne recevait que ce qui nous concernait, quel bonheur cela devait être !
Par contre pas top pour la transparence, la rétention d’informations était souvent considérée comme source de pouvoir.

Si le mail nous a bien simplifié la vie en facilitant l’échange d’informations, son flot ininterrompu nous a bien remis dans le rouge.

121 mails reçus par jour

En gros ça fait un mail toutes les 4 minutes.
Ce qui veut dire que si on priorise la lecture des mails, on ne peut se concentrer plus de 4 minutes en continu sur un sujet.

30% n’ont plus le temps de réfléchir au bureau

J’en déduis que les travailleurs du savoir vont savoir de plus en plus, mais sans savoir à quoi ça sert.

58% disposent quand même de 15 à 30 minutes par jour pour réfléchir

Travailleuses, travailleurs du savoir, me voilà rassuré.
J’en déduis d’ailleurs que les 12% restant (100-88%) sont très malins et vont creuser l’écart : soit ils ne lisent pas leurs mails, soit ils sont persuadés qu’ils peuvent tout faire à la fois, soit ils n’ont pas compris la question…

205 milliards de mails par an

C’est comme compter les moutons, ça fait longtemps que j’ai arrêté de les compter.
A part ceux qui gèrent les services et les serveurs, je ne vois pas trop à quoi sert ce chiffre global pour expliquer qu’il y a un problème.

150 consultations de son smartphone par jour

En gros ça fait une consultation toutes les 3 minutes.
J’en déduis qu’on est au moins concentré sur un truc : le smartphone !

42% des américains le font aux toilettes

Je ne connais pas les chiffres en France, c’est vraiment regrettable.
Ce chiffre explique sans doute pourquoi Samsung fait des smartphones résistants à l’eau.
L’innovation drivée par les usages, un exemple à reprendre dans toutes les écoles.

18% en conduisant

Là, on sait pas trop ce qu’ils font en conduisant, mais bref, c’est beaucoup trop, c’est sûr !

Cette infographie anxiogène nous parle d’overdose d’emails, d’une addiction baptisée « infobésité » qui génère un sentiment de « sur-stress ».
Cette overdose est également accentuée par des déviations comportementales bien connues, le développement des mails parapluie (je me protège) et des mails de visibilité (je suis beau et fort).

Les réponses les plus connues à ce sur-stress  sont de deux types :

  • Une approche ergonomique, collective du problème, du style « pas de mail après 18h ou le weekend », « un jour par trimestre sans mail », des recommandations de l’entreprise comme « préférer le face à face au mail »
  • Une approche médicale, individuelle du problème, lié à l’état mental de l’individu et à sa capacité à s’adapter au stress.
    Celui-ci est à la fois un moteur positif de son évolution et une pathologie.

Certains outils comme les Réseaux Sociaux d’Entreprise (RSE), les GroupChat, les Listes de Tâches partagées sont apparus pour tenter de résoudre ce problème lié à l’importance des flux qui ne se tarissent pas. Mais mal utilisés, ces outils génèrent eux aussi des mails.

Avec l’arrivée de l’Intelligence Artificielle apprenante, des assistants personnels vont bientôt lire et répondre à notre place.
Le flux va-t-il se tarir pour autant ? Que deviendront nos « travailleurs du savoir » ?

Parfois les questions sont aussi importantes que les réponses

Devant toute innovation, on doit s’interroger sur l’usage et l’évolution de son propre rôle et de ceux avec qui nous travaillons.
Chaque organisation doit développer sa stratégie pour intégrer la Transformation Digitale dans ses pratiques et ne peut se contenter du couteau suisse du mail comme seul outil digital.

Il y a de nombreux outils et compétences qui permettent d’expérimenter rapidement des nouveaux usages, éviter le dilemme entre big bang et procrastination, valider ce qui marche tout simplement.
Il ne faut pas s’en priver.
Passez-moi un mail 😉

Une bonne stratégie digitale, c’est Zen  !

 

 

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