Est-ce Neandertal qui nous a transmis le gène de l'humour ?
Est-ce Neandertal qui nous a transmis le gène de l'humour ?

Nos Racines et Nos Gènes

Merci à Vincent qui a attiré mon attention sur cet ouvrage collectif de trois chercheurs en génétique intitulé Le Fil de la vie, publié chez Odile Jacob.
Et si ce « fil de la vie » était le fil de ces informations que nous nous transmettons de génération en génération et dont l’être humain, en particulier, ne serait que le réceptacle et le transmetteur ?

Ce fil de la vie se transmet hors de tout contrôle, comme dans le cas de l’hérédité. Il constitue pourtant ce qui unit les êtres à travers le temps.
Les auteurs de cet ouvrage nous posent alors cette question étonnante :
Et si ces fils d’informations constituaient des entités vivantes non matérielles ? Potentiellement éternelles, en lutte pour la survie, en perpétuelle évolution ?
C’est une nouvelle description du vivant, où la lutte pour l’existence n’est pas celle des êtres, mais celle des messages qui passent à travers eux et dont les vivants sont les hôtes éphémères.
En pleine digitalisation du monde, de débat sur l’homme augmenté, cela a le mérite de casser notre ego et de briser quelques tabous.

Hum, hum, vous me suivez encore ou vous préférez faire l’autruche ? Lisez plutôt

Le combat pour la vie

Les gènes sont un outil pour coder et transmettre les informations.
Ce sont ces informations qui sont reproduites, pas les individus qui les portent.
La vraie bataille est donc celle des informations puisque les individus meurent tous.
L’être humain a une passion pour la quête de l’information, ce qui nous conduit précisément à l’ère d’aujourd’hui.
C’est celle de la société de l’information, où la « datamasse » (Big Data en anglais) devient l’or noir d’une Troisième Révolution.

Produire de l’information « intéressante » marchande ou gratuite, revient à exploiter cette manne avec un changement d’échelle et de support : on quitte celle du génome pour aller vers celle de la société et des organisations.

Du coup, l’être vivant est au cœur de cette biomasse qui bataille.
Sa partie immatérielle – l’information – serait à la fois matière première et objectif, sujet exploitant et exploité. Quel B… !

À une époque où la science permet de transférer des données d’un ordinateur sur de l’ADN et de faire l’inverse, on voit bien que l’information semble bel et bien s’affranchir de son support et acquiert une forme d’autonomie avec une valeur intrinsèque.

On comprend mieux l’angoisse générée par la mondialisation, l’arrivée des Trump, Brexit et autres phénomènes et le nombre des indécis à quelques jours des élections françaises.

Dans nos gènes

Il y a de l’info et de l’info qui peut même dater d’espèces disparues depuis des dizaines de millénaires.
On retrouve des informations génétiques issues de l’homme de Neandertal dans les génomes de populations actuelles.

Deux études récentes ont démontré que nous partageons 20% d’ADN commun collectivement (hors Afrique) avec Néandertal et entre 1 et  4% à titre individuel.
Pour 200$, vous pouvez faire faire un test d’ADN salivaire à Mountain View, en Californie et vous saurez quel pourcentage d’ADN néandertalien vous détenez.
Vous découvrirez peut-être que vous avez aussi de l’ADN d’autres hominidés.
Cela signifie que toutes ces espèces se sont croisées et ont mélangé leurs gènes.

Tout cela est en vous, sans même l’avoir voulu ou choisi.
Quel bouleversement dans la connaissance.
L’homme moderne appartient à une seule et même espèce qui a évolué au fil (de la vie ) du temps et des croisements des différentes populations.

Qui pilote ?

Platon nous apporte un autre éclairage : l’information qui permet de décider est une projection sur le mur de la caverne.
Lire ou relire : Réunion et caverne de Platon
Qui pilote l’information, qui peut l’interpréter, l’utiliser, voire la déformer ?
Est-ce au contraire l’information qui se sert de nous pour sauter de génération en génération et perdurer ?

Ce monde hyper connecté a cela de commun avec Neandertal : une information à partager dont vous détenez une petite part.
Interrogez le Neandertal qui est en vous : il a l’info et l’expérience… Il est notre Gros Bon Sens puisqu’il est là,  blotti, tapi ou actif dans l’Homo sapiens que nous sommes.

Zen nos racines et nos gènes !

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