Des nœuds, des liens et au bout... un toast !

Le Toast et l’Idée

Comment résoudre les problèmes complexes ?
Tom Wujec est entrepreneur, écrivain, enseignant, spécialiste du design.
Il décortique dans cette conférence TED un processus assez trivial qui consiste à « faire des toasts » pour en déduire une méthode pratique de résolution de problèmes.
Lui aussi nous parle de modèle mental et de collaboration.
Toasts à savourer à plusieurs, évidemment !

Dessiner

Tout le monde est capable de dessiner le processus qui permet de faire griller un toast, il est plutôt simple.
Tom Wujec, pendant des années a demandé à des gens de le dessiner sans utiliser de mots.
Il a recueilli des centaines de dessins très différents, certains très bons, d’autres nuls, certains très détaillés, d’autres simplistes, d’autres encore drôles ou décalés sur :

  • Le pain grillé lui-même (les experts)
  • Le mécanisme interne du grill pain (les ingénieurs)
  • Le circuit de la transformation complète de la céréale dans son champ jusqu’au toast (les écolos)
  • Le parcours utilisateur dans la cuisine (les marketeurs)
  • Un toast qui grille directement branché sur le courant (les artistes)
  • Un toast issu du big bang (les épistémologistes)

Bref, c’est très drôle et la suite très instructive.

Ce qu’il en a déduit est que tout processus est fait de nœuds (les choses et les humains) et de liens entre les nœuds (les relations) et que cela constitue un modèle mental visible, systémique et complet.
Selon son expérience, quand on sait décomposer un processus complexe en choses plus simples, cela donne généralement un dessin entre 5 et 13 nœuds.
En dessous, il parait trop simple, au-dessus il donne une impression de chaos.

Itérer

Comment passe-t-on de la compréhension du processus initial à l’analyse ?
Une fois dessinés, on itère en faisant bouger les nœuds, c’est l’essence même du design.

Ces itérations vont permettre la réflexion et son évolution pour arriver à une représentation satisfaisante.
Et cette capacité à itérer n’est pas neutre, elle reflète notre volonté à améliorer un modèle, à accepter la transformation et le changement.

En groupe

Il s’est ensuite intéressé à comparer la production de ce design selon qu’il ait été réalisé de façon individuelle ou en groupe.
Ce dernier est le plus puissant sans aucun doute.
En groupe, il recommande l’utilisation d’un tableau et de post-it.
Ce qui se passe, c’est d’abord la confusion, une phase de brouillons généralement assez compliquée et pas très cohérente.
Il s’ensuit rapidement un désir de clarification, une succession d’itérations pour arriver à un modèle mental unifié.

Ce modèle issu de la collaboration reflète la diversité de chacun, les points de vue individuels et rend les idées visibles, tangibles et significatives.
Il en déduit que pour résoudre les problèmes complexes, il faut travailler en groupe ( de 4 à 6 personnes), passer par une première phase de dessin, puis itérer jusqu’à l’émergence d’un modèle unifié.
Il a aussi remarqué que pendant cet exercice de groupe, le silence permettait d’arriver plus vite à un résultat.
D’après lui, tout se dessine : de la vision opérationnelle à l’expérience du consommateur ou au développement à long terme.

Tom nous dit que cet exercice de visualisation et d’itération collaborative « procure un avantage à ceux qui envisagent le monde comme des nœuds et des liens mouvants ».
Il conclut que la communication autour d’images de référence qui peuvent contenir des milliers de nœuds et liens était aussi importante que le modèle lui-même.

Et si la question était de faire un bon toast ?

Bon pour qui ? En combien de temps ? pour combien de personnes ? A partir de quelle(s) céréale(s) ? Il y aura quoi dessus ? Et si je l’achetais directement ? Est-ce que quelqu’un pourrait en faire un meilleur ?

Le problème se complexifie sérieusement face à la multiplication des angles de questionnement.
En fait, notre point de départ est différent de celui de Tom :

Comment choisir la meilleure idée de changement (ou de transformation) à mettre en œuvre dans les trois mois ?

A chaque nouvelle question, la réponse ne risque-t-elle pas de remettre en cause la solution envisagée ?
Dans ce cas, laquelle choisir si l’une répond bien à une question mais moins bien à une autre ?

C’est là que je rejoins l’expérience et la réflexion de Tom sur la notion de modèle mental unifié, de visualisation et d’itération collaborative : il a décrit son modèle drawtoast qui consiste à dessiner, itérer, ensemble en 8 étapes.

Pour répondre à ce type de question « comment faire un bon toast ? », j’ai également bâti un modèle mental généraliste baptisé le Parcours des Idées.
Il s’appuie sur une liste de contrôle multidisciplinaire en sept étapes pour décider de la meilleure façon de rendre son idée réalisable à court terme.
Il permet de découvrir chaque concept, de passer chaque idée sous son éclairage, de répondre à la question posée, de noter la pertinence de la réponse, et grâce au cumul des points obtenus, choisir la meilleure idée :

  1. Quelle est la Cause Racine du problème que cette idée veut traiter ?
  2. Cette idée a-t-elle une ambition, une valeur, un intérêt supérieur ?
  3. Cette idée permet-elle d’ouvrir un nouvel espace concurrentiel ?
  4. Quel besoin prioritaire adresse cette idée ?
  5. Cette idée va-t-elle vraiment changer quelque chose ?
  6. Cette idée va-t-elle faire gagner du temps à quelqu’un ?
  7. Cette idée est-elle réalisable dans les trois mois ?

L’objectif est le même que celui de Tomdévelopper une pratique collaborative opérationnelle et répétitive, à terme une culture du changement face à l’incertitude.
Et tout comme lui, cette pensée m’obsède.

Pourquoi pas une Tartine ?

Zen bien tartiné !

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