La Réunion, capital immatériel

Votre capital dans tous ses états

Jeudi dernier, j’ai assisté à la conférence organisée par l’Essec ISIS (Institut for Strategic Innovation & Services ) dont le thème était l’impact de la valorisation des biens immatériels dans les services.

L’idée est la suivante : comment mieux comprendre et expliquer le décalage entre la valorisation comptable des entreprises – leur valeur solide et liquide – et leur valeur de marché ? La différence étant leur valeur gazeuse…

Comment éclairer cette valeur gazeuse qui représente souvent plus de 80% de la valeur globale de l’entreprise ?
ll y a une vraie difficulté à reporter les valorisations financières dans les bilans comptables des entreprises qui répondent à une logique prudentielle, sujet que quatre intervenants ont brillamment commenté :

Anne Jeny-Cazavan est Professeur & Chef du Département Comptabilité et contrôle de gestion à l’Essec :
Par la valorisation des productions immatériels, on entend généralement la marque, la production numérique, les droits de diffusion, l’information financière… et cela pose un vrai problème quand on regarde les exemples de valorisation :

  • comparaison entre Google et General Motors : Google compte environ 10 fois moins de salariés que GM (32000 vs 202000), vaut 20 fois plus en bourse (209B$ vs 9,3B$) et 2 fois moins comptablement (39B vs  72B$)
  • Twitter, introduit en bourse le 7 novembre 2013 à 26$, +73% d’augmentation le 1er jour ! Au 18 décembre, elle est encore cotée à 56US$ (toujours pas d’underpricing : chute brutale après introduction en bourse) et pas rentable avant 2015.
  • Skype, rachetée par eBay en septembre 2005 pour 2,6B$ pour une valeur comptable de 0,02B$. En novembre 2011, Microsoft débourse 8,5B$ pour racheter Skype alors qu’elle n’est toujours pas rentable.

Règles de valorisation à faire évoluer ou bulle spéculative ?

Alan Fustec est président de GOODWILL Management et Directeur Scientifique de l’Observatoire de l’Immatériel :
La comptabilité en partie double est apparue en Italie il y a 500 ans. Le capital humain n’est pas reconnu par la comptabilité, c’est toujours un sujet de recherche.
Le « capital du savoir » est le résultat mais aussi la fondation du processus d’innovation. Sans un bon capital immatériel (hommes, machines, process, capacité à exécuter, portefeuille clients) l’innovation est risquée.
Les comptables peuvent reconnaître une partie de la valeur de ce potentiel (le goodwill), mais n’admettent pas sa volatilité du fait du principe de prudence.

Pourtant, ce capital immatériel pèse très lourd :

  • Bercy admet qu’il représente les 2/3 des investissements totaux
  • selon la Banque Mondiale, l’économie immatérielle de la France pèse 86% de son économie globale

Il faut donc progresser pour mieux connaitre cette économie immatérielle car selon le proverbe chinois « Mieux vaut allumer une chandelle que maudire l’obscurité ».

Frédéric Groussolles est Directeur Commercial de Google Entreprise France.
Chez Google, la valorisation du capital immatériel passe par la capacité d’innover et à diffuser l’innovation.
Aujourd’hui quatre innovations dépassent le milliard d’utilisateurs.
Pour imaginer demain, Google a mis en place Google X, son département le plus secret et permet à ses salariés de réserver 20% de leur temps à leurs projets personnels. Des innovations comme gmail sont nés de ces 20% de temps libre.
Une étude américaine a interrogé les consommateurs suite à l’apparition de la Google Car: « Où achèteriez-vous une voiture qui se conduit toute seule ? plutôt chez Google ou chez Ford ? ». A une écrasante majorité la réponse a été : chez Google qui n’a jamais fabriqué une voiture !

Gaëlle le VU est VP Business Products Innovation chez Orange.
Chez Orange, on a développé la culture de l’Open Innovation destiné aux développeurs et aux startups.
L’ « Open Innovation », c’est l’innovation non cantonnée, celle qui nait du bouillonnement des environnements ouverts.
Le programme d’Open Innovation d’Orange vise à ouvrir aux développeurs d’applications des APIs (« briques » de programmation) pour accélérer la mise sur le marché de nouveaux services et proposer de nouvelles expériences aux utilisateurs.

Chez Meetings*, on a identifié un capital immatériel bien mal valorisé, trop méconnu et pourtant si évident, dont je vous parle souvent : le Capital Réunion. (le calculer ici)
« Dans une entreprise de 200 personnes, le temps passé en réunion chaque année est de 1 million d’euros. Financeriez vous un investissement d’un million d’euros sans en mesurer l’efficacité ? » (voir la vidéo ici)

Zen le Capital Immatériel !

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