Equation : Y =  forte valeur perçue x forte contribution x  faible effort
Equation : Y = forte valeur perçue x forte contribution x faible effort

L’Effet IKEA dans la Transformation Digitale

L’Effet IKEA est le nom d’un biais cognitif bien connu des concepteurs des produits IKEA et LEGO.
Il met en évidence le fait que les gens ont tendance à placer une plus grande valeur sur les produits qu’ils ont partiellement créés.
Cet effet a donc pris le nom du fabriquant de meubles suédois célèbre pour les produits qui doivent être assemblés par les clients et en a fait un leader.
Peut-on imaginer que l’Effet IKEA soit un levier pour réussir la Transformation Digitale dont tout le monde parle ?
Cette transformation du business est en marche :-) partout, profonde, horizontale, bottom up, rapide.

Elle challenge les habitudes et les vieilles pratiques du changement imposé par les uns et subi par les autres : Intégration de l’expérience utilisateur, démarche itérative, essai/erreur, tests et évaluations, accélération et déploiement rapide, partage de la connaissance et des décisions, sont les mots clés de ce profond changement qui n’est pas seulement technologique et digital.

Alors comment décrypter l’Effet IKEA et l’utiliser ?

L’effet IKEA

Plusieurs études ont démontré qu’il ne se réduit pas au seul Effet Prix.
Depuis les années 60, de nombreux chercheurs ont observé cet effet à travers des séries d’expériences sur la «justification de l’effort».
Les clients aiment leur réalisation car ils aiment aussi le fruit de leur travail.
Leur plaisir est donc la résultante  d’une équation y =  forte valeur perçue x forte contribution x faible effort.

Ce n’est pas tant l’intensité de l’effort qui compte, mais l’achèvement de la tâche.
L’effet IKEA est présent lorsque l’utilisateur peut profiter de la tâche complétée et du produit.
Si le produit est démonté peu de temps après l’assemblage, l’effet est perdu.

Bien cibler la contribution utilisateur
Dans les années 50, les fabricants de produits alimentaires américains avaient lancé les mélanges de gâteau instantanés pour simplifier la vie des cuisiniers.
Un peu d’eau dans le mélange à enfourner et le tour était joué.
Faire un gâteau était devenu tellement facile que les gens ressentaient la même chose qu’à l’achat d’un gâteau préfabriqué en magasin. Cela a été un échec.
Les fabricants ont alors décidé de changer la recette en permettant au cuisinier de rajouter un œuf.
Casser l’œuf, se salir un peu, maîtriser le processus de mélange et à la fin, manger le gâteau, l’expérience était devenue valorisante.
Les ventes ont redécollé.
Rendre les choses trop faciles n’est pas nécessaire, ce qu’il faut, c’est offrir une meilleure expérience à l’utilisateur.
Les gens ont le besoin d’être investis émotionnellement.

Les exemples illustrant cet Effet Ikea sont légions
Build-a-Bear qui permet aux gens de faire leurs propres ours en peluche, Cueillette à la ferme qui permet aux gens de la ville de faire en payant le travail de récolte de l’agriculture…

Avec l’Effet Ikea, on entre de plein pied dans l’ère du co constructivisme.
Lire ou relire Le Co Constructivisme et le Digital ou l’Individu Relationnel,la ContreSociété & la Réunion

En matière de Transformation Digitale des organisations, il y a deux options

Choisir et livrer aux utilisateurs une application complètement finalisée « pensée pour eux »  ou livrer une application avec des exemples de données, des bibliothèques d’usage et de fonctionnalités dans laquelle les utilisateurs pourront contribuer à la solution et l’adapter précisément à leur besoin, en bénéficiant de conseils pour l’utilisation pour favoriser les interactions et booster la collaboration digitale.

  • La première est rassurante pour un manageur
    Elle donne le sentiment de maitriser le sujet, le périmètre financier et part du principe que l’analyse du départ sera la bonne, que l’on a trouvé une fois pour toute la bonne réponse.
    Malheureusement, si ce n’est pas le cas, et c’est souvent pas le cas, le manager va devoir défendre bec et ongles son choix.
    Il va cristalliser la résistance au changement.
    Cette démarche se prive de la valeur de l’expérience utilisateur, de ses idées, tout en renforçant en lui un sentiment de future victime du changement.
  • La deuxième est plus « audacieuse » diront certain 😉
    Elle part d’un diagnostic partagé du besoin, consiste à mener très rapidement une expérience concrète avec des utilisateurs sur un périmètre restreint, à en mesurer le retour d’expérience, à corriger ou valider ce qui a mal ou bien fonctionné, avant de procéder à un déploiement qui aura évacué les principaux risques de rejet.
    Le go et le nogo restent toujours possibles. Le droit à l’erreur est perçu comme un progrès partagé.

Cet Effet Ikea démontre une fois encore que le chemin est aussi important que la destination.

il vise à créer de la valeur par la participation d’une chaine de collaboration bout en bout et à en faire une dynamique puissante et durable.
En permettant à l’utilisateur de contribuer au résultat, en favorisant son accomplissement, en réduisant la peur et la frustration, on augmente de facto les capacités de chacun et collectivement.

Zen l’Effet Ikea !

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