Ça parait tellement facile... Quand c'est lui qui l'écrit !
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Comment Ne Plus Jamais Manquer d’Idées ?

Dans un précédent post,  Meredith Belbin tentait de répondre à la question pourquoi des équipes réussissent alors que d’autres échouent.
Après A.E. van Vogt et son Nexialiste, c’est un autre pape de la science fiction qui nous fait la leçon.
Isaac Asimov est l’un des auteurs de SF les plus prolifiques et créatifs de tous les temps.
Pour ceux qui ne le connaissent pas, il a écrit près de 500 livres dont la formidable trilogie Fondation qui a probablement inspiré Georges Lucas pour créer Star Wars.
Il a même trouvé le temps d’écrire son autobiographie, en 3 volumes !!! condensée par sa femme Janet dans It’s Been a Good Life.

Comment Asimov a-t-il pu avoir autant de bonnes idées alors que la plupart d’entre nous semble n’en avoir que quelques unes dans une vie entière ?
Asimov n’est pas né en écrivant 8 heures par jour, 7 jours par semaine. Il a déchiré des pages, il est devenu frustré et il a échoué encore et encore.

Dans son autobiographie, Asimov partage les tactiques et les stratégies qu’il a développées pour ne plus jamais manquer d’idées.

  1. Il n’a jamais cessé d’apprendre

Asimov n’était pas seulement un écrivain de science-fiction. Il avait un doctorat en chimie.
Il a écrit sur la physique, sur l’histoire ancienne et des ouvrages aussi inattendus que sur Shakespeare ou la Bible.
Pourquoi était-il capable d’écrire dans un spectre si large à une époque déjà d’hyper spécialisation ?
Contrairement aux «professionnels modernes », l’apprentissage d’Asimov ne s’est pas terminé avec son diplôme.Le diplôme n’est pas une fin.
Ce qu’il avait appris lors de sa formation initiale à l’école ne lui aurait pas permis d’écrire ainsi et il avait trop peur de mal comprendre l’expert de tout sujet nouveau pour lui.
Toute cette lecture incroyablement éclectique a laissé sa marque indélébile.

Pour avoir de bonnes idées, nous devons donc consommer en permanence de bonnes idées.

  1. Il a vaincu le syndrome de la page blanche

Il est rassurant de savoir que, comme chacun de nous, Asimov s’est souvent trouvé coincé, incapable d’écrire un mot de plus de son nouveau roman.
C’est un phénomène normal., mais c’est ce qui se passe ensuite qui sépare le professionnel de l’amateur.
Au fil des années, il avait développé une stratégie : il laissait simplement le roman et passait à l’un de ses autres projets en cours, un édito, un essai, une histoire courte…
Puis lassé de ces derniers, il retournait à son roman et pouvait de nouveau écrire facilement.
Le cerveau fonctionne ainsi.

Ignorer activement quelque chose permet à notre subconscient de libérer un espace pour que les idées grandissent.

  1. Il a vaincu le doute

Tous les créatifs – qu’ils soient entrepreneurs, écrivains ou artistes – connaissent cette peur de transformer une idée en réalisation concrète.
Isaac Asimov a connu aussi cette peur : « L’écrivain ordinaire est voué à être assailli par des insécurités pendant qu’il écrit. La phrase qu’il vient de créer est-elle sensée ? Est-elle aussi bien exprimée qu’elle pourrait l’être ? Est-ce que ça sonnerait mieux si c’était écrit différemment ? L’écrivain ordinaire est donc toujours en train de réviser, toujours en hachant et en changeant, essayant toujours différentes manières de s’exprimer et, pour autant que je sache, n’étant jamais entièrement satisfait… Ce n’est certainement pas le bon moyen d’être prolifique…Un écrivain prolifique doit avoir de l’assurance … Il doit aimer sa propre écriture

La vérité est que nous avons tous des idées.
Mais quand les petites graines de créativité envahissent notre esprit, la différence entre Asimov et la plupart d’entre nous est que nous rejetons nos idées avant de leur donner une chance.
Lire ou relire : Best of : Le Cycle Maudit de l’Inaccomplissement

Douter de soi tue l’esprit créatif.

  1. Il n’était pas un perfectionniste

Asimov était totalement contre le perfectionnisme : « Essayer de tout faire correctement la première fois est une grosse erreur.»
La peur du rejet de nos idées par les autres fait de nous des perfectionnistes potentiels.
Mais ce perfectionnisme n’est qu’une coquille dans laquelle nous nous réfugions quand les temps sont durs. C’est la sécurité … du mensonge.
Ne jamais avoir d’idées signifie aussi ne jamais avoir à échouer.
Lire ou relire : le Perfectionniste et le Débrouillard Apprenant

Penser d’abord à grosses mailles, comme un artiste faisant un rapide croquis pour obtenir une composition claire dans son esprit, les blocs de couleur, l’équilibre et le reste.
Puis seulement ensuite, se soucier des détails et des points délicats.
La vraie confiance consiste à repousser ses limites, à lamentablement échouer et à avoir la force de se relever.
Lire ou relire : Failcon, la Réunion des Loosers

Nous échouons. Nous luttons. Et c’est pourquoi nous réussissons.

  1. Il multipliait les activités

Asimov recommande de faire plus de choses comme un remède au perfectionnisme .
Lorsqu’un de ses nouveaux livres était publié, il ne s’inquiétait pas de savoir s’il était bien reçu ou se vendait.
Il se concentrait sur l’écriture d’autres projets et c’était eux qui occupaient son esprit.
Cela intensifiait la paix et le calme dans sa vie.
Logique : quand on doit produire des choses nouvelles régulièrement , on n’a pas le temps de se concentrer sur l’œuvre « parfaite », de ressasser l’échec quand il arrive, ça fait moins mal quand on loupe quelque chose.

La diversité fonctionne comme une assurance pour notre esprit.

  1. Il avait sa « secret sauce »

Comme dans les startups, en plus dur à copier.
Un écrivain en panne d’idées a demandé un jour à Asimov : « Où trouvez-vous vos idées ? »
Asimov a répondu : « Je ne pouvais pas dormir la nuit dernière. Alors je suis resté éveillé en pensant à un article à écrire et je pensais, je pensais, et je pleurais dans les moments tristes. J’ai passé une merveilleuse nuit. »

Dans cette autobiographie, Asimov a éprouvé le besoin de partager avec nous son expérience.
C’est une réflexion puissante sur la productivité personnelle .

Quand je vous dis qu’il y a divergence entre ce que le monde de la science – et des arts – sait et ce que le monde des affaires fait pour être productif…il avait tout compris déjà il y a plus de 50 ans.

Mais je ne vous ai jamais dit non plus qu’avoir des idées allait être facile.

Zen l’idée d’en avoir !

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