Changement de type 2 : une fois connue, la solution est si évidente, qu’on se demande comment on a fait pour ne pas la voir...

Best Of : Le changement : les terribles simplifications et paradoxes qui polluent vos réunions – partie 2

C’est le temps du Best Of de l’été, avec une sélection de posts à lire ou relire.
On m’a dit que notre série de posts sur le Changement serait idéale à relire pendant l’été, Et hop, voilà le deuxième épisode !

La semaine dernière, je vous ai laissé en pleine interrogation sur la nature du changement de type 2 après avoir exploré celle du changement de type 1 qui en fait pérennise plus qu’elle ne change.
Vendredi dernier à Paris, des barbares sortis de nos écoles nous proposent un « changement régression », celui qui nie à tout être humain le droit de liberté, de tolérance, d’éducation, de culture et nie notre diversité.
Quelles erreurs avons-nous commises pour générer une telle régression ?
Après l’effroi, les larmes, l’émotion, le renforcement de notre sécurité, nous allons devoir mener une véritable réflexion personnelle et collective sur ce que cette situation nous enseigne.
On ne naît pas kamikaze, on le devient.

Parce que la vie continue, parce que réfléchir ne tue pas, parce que comprendre rime avec tolérance, j’ai choisi de continuer cette réflexion sur le changement grâce à la lecture de Paul Watzlawick. Elle est édifiante.
Avant de passer au changement de type 2, il nous propose de réfléchir sur les freins qui nous empêchent de changer.

1 – Plus de la même chose

Quand on a un problème, le premier réflexe simple et logique est d’appliquer « plus de solution ». Cela fonctionne quand le froid arrive et qu’il faut mettre « plus de chauffage » pour retrouver une température normale. Mais ça ne marche pas dans de très nombreuses situations. Par exemple, dans la lutte contre l’alcoolisme, la prohibition avec plus de répression a aggravé le problème.
Dans ce cas, « Plus de solution » intensifie le problème.
Il faut donc imaginer autre chose, mais là, on se heurte à deux obstacles majeurs : ce qu’il appelle les « terribles simplifications » d’une part et l’existence d’un mode de pensée paradoxale, d’autre part.

2- Les « terribles simplifications »

Il les illustre par de multiples scènes puisées aussi bien dans notre vie politique, sociale que dans le domaine de la psychiatrie, regroupées sous le terme de syndrôme d’Utopie.
« Si le terrible simplificateur est quelqu’un qui ne voit pas le problème, l’utopiste est celui qui voit une solution là où il n’y en a pas » .
Les solutions utopiques de changement tendent à prolonger ou faire empirer les conditions qu’elles devraient améliorer.

Trois types de comportements caractérisent le syndrôme d’Utopie :

  • « introjectif » c’est la perception d’une impossibilité, une frustration qui créé l’abandon, la dépression, et peut mener jusqu’au suicide
  • « romantique » c’est le choix du perfectionniste qui n’a jamais fini ou de celui qui use d’une temporisation bon enfant ; le but est lointain, donc on ne le remet jamais en cause ; elle est pratiquée par des « spécialistes du jour J » ou du « demain on rase gratis »
  • « projectif » c’est l’ancrage à une certitude morale, l’assurance de détenir la vérité, d’être un missionnaire, je te fais du mal mais c’est pour ton bien ; le problème, c’est donc les autres, il mène à la paranoïa, permet de fabriquer des alibis, de tout justifier. La solution idéale peut alors devenir la solution finale (triste référence).

3 – Les Paradoxes

Le paradoxe en tant que faute logique de raisonnement a fait l’objet de nombreuses études et publications.
Un paradoxe, c’est une idée qui est en contradiction avec elle-même.
Cette assertion « Soyez spontané ! »  l’illustre parfaitement : on y impose une règle selon laquelle un comportement doit être spontané, ce qui est paradoxal.
Dans cet exemple, on comprend bien que la soumission à une règle externe (un ordre) est à l’opposé d’une motivation interne (libre et spontanée).

Les paradoxes sont partout : éducation, vie de couple, management, économie, littérature, maths, humour (si vous êtes très curieux, tapez « paradoxes » dans votre moteur de recherche…).
Notre mode de pensée est très souvent entaché de cette faute logique et c’est un puissant frein au changement.

Je ne sais pas vous, mais je trouve que cette réflexion sur les terribles simplifications et les paradoxes qui nous empêchent de changer est incroyablement d’actualité.

Pour nourrir votre réflexion sur comment changer et améliorer vos réunions, il vous suffit de relire ce post en rajoutant «  en réunion » derrière chacun des problèmes évoqués par Watzlawick, cela devient limpide.

La semaine prochaine, c’est promis, je vous parle enfin du changement de type 2, ce sera édifiant.

Simplifier n’est pas toujours Zen !

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