Changement de type 2 - L’art du rangement d’Ursus Wehrli est inspirant : réunion ratée à gauche, réunion réussie avec notes, plan d'action et ordre du jour à droite
Changement de type 2 - L’art du rangement d’Ursus Wehrli est inspirant : réunion ratée à gauche, réunion réussie avec notes, plan d'action et ordre du jour à droite

Best Of : Le changement, le paradoxe qui mine vos réunions – partie 1

C’est le temps du Best Of de l’été, avec une sélection de posts à lire ou relire.
On m’a dit que notre série de posts sur le Changement serait idéale à relire pendant l’été, profitez…

Qu’y a-t-il dans l’ADN de la réunion qui en fait un sujet éternel ?
Quelle intéressante question posée par Laurent GS, un de nos fidèles lecteurs… Il nous suggère la lecture de Paul Watzlawick (essais : Changements – Paradoxes et psychothérapie) et m’a vraiment mis l’eau à la bouche avec cette conclusion : « Quand un problème dure, c’est la solution qui est le problème. » . Paul Watzlawick est l’une des personnalités marquantes de l’Ecole de Palo Alto et du Mental Research Institute en Californie .

Comment le changement apparaît-il spontanément et comment peut-il être provoqué ? Que nous apprend Paul Watzlawitck ?

Selon Principia Mathematica et la « théorie des types logiques », certains objets sont réunis en « collections » qui forment des classes et leurs propriétés ne peuvent être les mêmes.
C’est le cas de l’humanité et de ses membres. Exemple : même si un individu est doté de mécanismes de survie, l’espèce entière peut courir à sa perte.
De même que le comportement économique de la population d’une grande ville ne peut être un multiple des comportements d’un individu.
Cela a été une erreur commise aux premiers jours de la théorie économique, brocardée sous le nom de « modèle économique de Robinson Crusoé ».

Dans ce cas, comment comprendre la notion de changement ?

Dans le changement, il y a un paradoxe, car les changements à l’intérieur d’une « collection » visent à maintenir un équilibre de l’existant et non à le changer. Alors qu’un changement à l’extérieur d’une « collection » vise bien à changer le système lui-même.
Ce paradoxe nous entraine vers la définition de deux types de changements de type 1 et de type 2.

Changement type 1 :
Le plus souvent, quand cela ne va pas, on dit qu’on veut changer. Mais en fait, le changement sert à retrouver l’équilibre compromis d’une situation existante. C’est un changement de l’intérieur, il peut même se mettre en équation :

  • si on crée une situation contraire, c’est de type (- x +) = 0 donc retour à l’équilibre de départ
  • si un élément neutre intervient, la tradition par exemple, c’est de type (0 x + ou -) = 0 donc retour à l’équilibre de départ

Il démontre également qu’un groupe a quatre propriétés :

  • Propriété 1 : chaque transformation à l’intérieur d’un groupe devient un nouvel élément du groupe
    Cette propriété a inspiré de nombreux romans ou films, comme Le Couteau dans l’Eau, premier long métrage de Roman Polanski en 1962. Un couple fortuné embarque un étudiant sur son yacht. Suite à une dispute, l’étudiant est jeté à l’eau et disparaît. En réalité, il s’est caché derrière une bouée. Le mari s’absente pour prévenir les secours. L’étudiant retourne sur le bateau et séduit la femme. Une fois revenue sur terre, elle raconte à son mari cette aventure mais il refuse de la croire. Il ne peut admettre le changement, la nouvelle situation ainsi créée.
  • Propriété 2 : la séquence des opérations à l’intérieur d’un groupe ne change pas le résultat
    Illustration puisée dans l’univers familial : un homme et une femme mariés gardent entre eux pour une raison quelconque une certaine distance émotionnelle. Dans ce système, chaque fois que l’un fait un pas en avant, l’autre fait un pas en arrière, le modèle général ne sera jamais changé.
  • Propriété 3 : un élément neutre d’un groupe n’apporte aucun changement
    Cette particularité est difficile à illustrer car il est malaisé de montrer ce qui n’est pas, mais on comprend qu’il y a plein de changements en marge des sujets, qui sont insignifiants ou à impact nul, ils sont juste là pour donner bonne conscience.
  • Propriété 4 : remplacer une chose par son contraire ne change pas le résultat
    Plus c’est radical et plus cette propriété se vérifie. Chaque aspect de la réalité tire son existence de cette polarité, démontrent cette stabilité.
    Héraclite, le grand philosophe du changement (VI siècle av. J.-C) a appelé « emantiodromia » cette interdépendance des contraires, reprise ensuite par C.G Jung qui y voyait un mécanisme fondamental de notre psychologie : « Chaque extrême psychologique contient en secret son contraire… Il n’existe aucune coutume, aussi sacrée soit-elle, qui ne puisse se changer en son contraire ».

Les différentes combinaisons de ces 4 propriétés ne peuvent produire un changement de type 2, c’est-à-dire que le système peut essayer de passer par tous les changements internes, mais sans jamais effectuer un changement du système lui-même.

Si vous avez un problème avec vos réunions et que vous voulez changer, il vous faudra certainement introduire un changement de type 2 et cela implique sans doute d’introduire une solution nouvelle qui ne serait plus le problème… comme MyMeetings of course !

Alors, c’est quoi un changement de type 2 ? Pourquoi paraît-il si insaisissable ?
Pourtant, il fonde tout le processus de la découverte scientifique et de la création artistique qui permet de passer d’un vieux cadre de référence à un nouveau.

La suite à jeudi prochain 😉

Zen le changement !

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