Rien n'arrêtera plus l'IA, il faut s'en occuper !

A la Recherche de Mon IA Personnelle

J’espère d’abord que vous avez pris des vacances et qu’elles se sont bien passées 😉
Pour moi, c’est le retour et mon premier post de rentrée.

D’abord, un point sur ma datadetox annoncée au début de l’été.

Datadetox, le Pour

J’aime cette idée de datadetox parce qu’elle implique une responsabilisation face à notre vie numérique.
Avoir pour objectif de maitriser ses données perso, c’est juste comme savoir bien manger, se maintenir en bonne santé.
C’est être conscient qu’internet n’est pas neutre, que nous sommes observés, scrutés en permanence, que chacun de nous est définitivement devenu un fromage accessible 24/7 (Ossau-Iraty ou Tomme d’Emmental) que se partagent les zillionaires des GAFA et autres acteurs du web.
Il n’y aura pas de retour en arrière.
Il faut tenter de garder la main et bloquer avec le pied la porte de notre intimité pour contenir ces intrusions tout en essayant de profiter des avantages du digital.
Et c’est là que ça coince.

Datadetox, le Contre

Ma datadetox a rendu moins efficace et plus compliquée mon utilisation d’internet, m’a obligé à ressaisir des codes de connexion, a rendu moins fluide la connexion entre messagerie, surf internet et apps sur mon mobile et la synchronisation avec mon desktop.
En fait, si l’idée est bonne, il faut creuser l’exécution. Elle est à revoir.
Le diable est dans le détail et face à la multiplicité des services et usages rendus, des milliers de page de CGU sans cesse révisées à accepter, notre cerveau est dépassé…ou trouve cela chronophage et sans intérêt.
Je m’interroge.

Alors que faire ?

Cet été, j’ai continué d’explorer l’IA.
Après mon premier SWAI à l’école42, quelques conf ou manifs, quelques questionnements,  j’ai donc lu la Guerre des Intelligences de Laurent Alexandre .
Laurent a un profil intéressant : il est chirurgien, neurobiologiste, énarque et fondateur de Doctissimo.
Ce n’est pas son premier livre. Il est curieux, pédagogue, a le sens de la formule et aime la prospective.
Ci-dessous, ce teaser pour vous donner envie de le lire.

IA, stop ou encore ?

Le progrès est le moteur de l’évolution biologique de l’humanité.
Toutes les tentatives pour l’arrêter ont toujours échoué.
Une nouvelle révolution multidisciplinaire a commencé en ce début de millénaire. (lire ou relire Des Modèles Mentaux Pour Tous)
Elle s’appelle NBIC, au croisement des Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et Sciences Cognitives.
En son cœur, l’IA.
Arrêter l’IA n’est donc pas une option, c’est juste impossible.

Promesse, désillusion et…foudroyante accélération

Promesse, désillusion, pente de l’illumination et de la croissance sont un grand classique du cycle de l’adoption de l’innovation.
Ce qui ne l’est pas c’est cette foudroyante accélération de l’IA.
L’IA est passée par différents paliers : « terre promise » des années 40 à 60 avec les premières pierres posées par Alan Turing (le père du test du même nom),  désillusions par manque de puissance dans les années 70-80 et difficulté à reproduire la complexité du cerveau humain, puis première accélération depuis les années 90 grâce à l’arrivée d’ordinateurs surpuissants et nouvelle accélération fulgurante avec le deep learning depuis 2010.
On est entré dans la phase de l’auto apprentissage des ordinateurs grâce à nos exaoctet (Eo) livrés en pâture aux IA, ces montagnes de données qui se déversent de plus en plus vite et qui servent à les éduquer.

La machine est entrée en compétition avec l’homme et elle continue d’accélérer son apprentissage tous azimuts.

  • En 1997, Deep Blue d’IBM bat Kasparov aux échecs, début 2017 AlphaGo de Google bat Ke Jie le champion du monde chinois de Go.
    Les échecs relèvent d’une logique mathématique, alors que le Go relève d’une logique intuitive que l’on pensait inaccessible aux IA avant des décennies.
  • Depuis 2015, l’ IA réalise en quelques minutes des analyses cancérologiques qui prendraient des années aux meilleurs spécialistes humains.
    Avec Invisalign (Californie) 5 millions de patients dans le monde ont eu leur prothèse orthodontiste conçue par une IA et fabriquée sans couture par une imprimante 3D sans intervention humaine ou presque alors qu’on pensait que ce métier était « 100% non délocalisable ».

On va tout droit vers une médecine 4P (Prédictive, Personnalisée, Préemptive, Participative) à une vitesse incroyable qui dépasse tous les pronostics.

Les risques 

  • La vitesse d’apprentissage d’une IA qui percevrait l’homme comme un danger et voudrait s’en affranchir, voire l’éliminer
    Scénarios de SF moultes fois déclinés et portés à l’écran, brrrrrrrr
  • L’introduction (volontaire ou non) de biais cognitifs (ou de la bêtise) des humains dans la programmation et l’apprentissage des IA
    Il faut garder à l’esprit l’expérience de Tay, le chatbot de Microsoft en 2016 – vite débranché – car « éduqué » en quelques heures par des internautes pour devenir raciste et vulgaire.
    Le résultat pourrait être inattendu, insoupçonné, absurde, répété à l’infini et difficilement corrigeable.
  • Une IA au service de quelques-uns situés aujourd’hui en Californie ou en Chine, laissant la plupart d’entre nous sur la touche ou privés de liberté
  • Des troubles sociaux générés par des inégalités dues à une profonde remise en cause de la plupart de nos métiers sans aucune anticipation de nos gouvernements

Les opportunités

  • L’intelligence humaine grandit partout grâce à une éducation personnalisée
    Mesurée par le QI (mais pas seulement) – notre intelligence biologique est la première brique de l’égalité des chances.
  • Des couples Enseignant -IA prennent en compte les spécificités de chaque être humain pour le faire progresser et apprendre tout au long de sa vie
  • Une  meilleure santé, plus longtemps
  • Une vie au milieu de nouvelles formes d’intelligences (humaine et non humaine, hybrides), au service de tous les êtres vivants sur terre … et ailleurs

QCIA ?

Laurent Alexandre nous parle du remplacement du QI inégalitariste par un QCIA évolutif, Quotient de Complémentarité avec l’Intelligence Artificielle,
C’est l’idée de « piloter la montée en puissance de nos cerveaux biologiques et lutter contre les inégalités…A la différence du QI traditionnel, il sera évolutif, car indexé sur les progrès de l’IA… il devra s’adapter aux formes futures de l’IA que nous ne soupçonnons pas…ne visera pas à stigmatiser les gens les moins doués mais au contraire à les aider… »

Bref, lisez-le, que ce soit juste pour démarrer ou pour avancer sur ce sujet.
Je l’ai déjà écrit : l’IA doit devenir l’affaire de chacun. Il faut s’en occuper.
Ce n’est pas pour cela que tout le monde doit devenir informaticien, apprendre à coder pour comprendre de quoi il s’agit…
Quand l’électricité a été inventée, tout le monde n’est pas devenu électricien !
Mais chacun, à notre niveau, nous devons d’abord commencer par comprendre les enjeux pour avoir une chance d’adapter notre comportement à l’irruption de l’IA dans notre vie et le plus important sans doute… préparer nos enfants à vivre dans un monde plein d’IA.

Ma datadetox de cet été s’est inscrite dans cette démarche de tentative de compréhension.
Le combat de l’intelligence biologique contre l’Intelligence artificielle des GAFA du Cloud pour se datadetoxer me semble déjà perdu.
J’ai l’intuition que seule une IA (Intelligence Artificielle) personnelle, à mon service, pas dans le Cloud – côté serveur-, mais dans mon environnement perso digital – côté client-, pourra plus tard arriver à gérer mieux que je ne le ferai, mon intimité, ma confidentialité, mes datas et m’aider à progresser, à augmenter…mon QCIA.

Essayer n’est pas réussir, mais c’est agir et apprendre.
Essayer, c’est se mettre en mouvement et se donner une chance de prendre le bon chemin vers le futur.

Pour Une IA Zen et Personnelle !

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