Nul n'est parfait, une équipe peut l'être...
Nul n'est parfait, une équipe peut l'être...

A la Recherche de l’Équipe Parfaite

Vous posez-vous souvent cette question : Pourquoi certaines équipes réussissent mieux que d’autres ? Cela s’explique-t-il par les seules compétences individuelles ?
Meredith Belbin est un chercheur britannique en psychosociologie, professeur à Cambridge, dont l’obsession a été de répondre à cette question.
Il y a près de 40 ans, il a mis au point une méthode aujourd’hui utilisée dans le monde entier pour évaluer les comportements au sein des équipes.
C’est une méthode que j’ai personnellement découverte lors de ma certification Lean Six Sigma Green Belt à Centrale Paris.

L’histoire

Dans les années 70, Belbin, spécialiste de l’étude du comportement, a été sollicité par une école de management pour étudier le comportement de managers lors d’exercices de simulation d’entreprise et comprendre pourquoi certaines équipes performaient et d’autres non.

Il a fait appel à trois autres chercheurs, un mathématicien maître international d’échecs, une anthropologue spécialiste des tribus du Kenya et un psychologue du travail.
Leurs travaux ont duré 9 ans, à raison de 3 jeux d’entreprises par an avec 8 équipes à chaque fois.

Ils ont découvert que les comportements des membres des équipes qui réussissaient mieux que les autres étaient déterminants.
Ils ont constaté que ces comportements pouvaient se résumer à quelques rôles types et qui si certains prédominaient ou d’autres manquaient, cela déséquilibrait l’équipe et portait préjudice au projet.
Pas de Concepteur ? l‘équipe avait du mal à produire l’étincelle initiale. Trop de Concepteurs ? les vraies bonnes idées se mêlaient aux fausses bonnes idées empêchant d’avancer vraiment.
Pas de Propulseur ? l’équipe perdait son élan et prenait du retard. Trop de Propulseurs ? les rivalités internes et les conflits s’installaient entrainant une baisse de moral.

9 rôles

Belbin a trouvé que les individus sont susceptibles de jouer neuf rôles en équipe.
Qu’est-ce qu’un rôle ? C’est une tendance à agir, contribuer, interagir avec les autres d’une manière particulière.

Dans sa méthode, des réponses à un questionnaire permettent d’établir une cartographie de l’équipe.
Cela met en évidence ses forces et ses faiblesses et les rôles que chacun peut assumer.
En être conscient en équipe permet d’être vigilant et de remédier aux faiblesses.

On retrouve ces rôles regroupés en trois modes :

Réflexion
  • « Priseur »
    Son caractère : Modéré, stratégique, vision « Big picture », analyse et catégorise
    Le risque : Trop critique et lent à agir
  • « Concepteur »
    Son caractère : Créatif, sort de la boite
    Le risque : Peu intéressé par la mise en œuvre de ses idées
  • « Expert »
    Son caractère : Creuse le sujet à fond
    Le risque : Aveugle aux sujets qui ne l’intéressent pas
Action
  • « Organisateur »
    Son caractère : Organise et planifie comment atteindre le résultat
    Le risque : Réticent au changement, peu flexible
  • « Propulseur »
    Son caractère : Dynamise et fonce dans l’action
    Le risque : Blesse par manque de tact, n’attend pas les autres
  • « Perfectionneur »
    Son caractère : Se concentre sur l’atteinte complète des objectifs, finalise
    Le risque : Coupe les cheveux en quatre
Relation
  • « Promoteur »
    Son caractère : Communique avec enthousiasme, interagit efficacement avec les gens
    Le risque : Peu intéressé par la mise en œuvre
  • « Coordinateur »
    Son caractère : Identifie le mieux placé pour une tâche, délègue efficacement
    Le risque : Donne l’impression de se décharger
  • « Soutien »
    Son caractère : Bâtit le relationnel de l’équipe
    Le risque : Peut paraître influençable, indécis pour sauvegarder la relation

En conclusion, Belbin a observé et déduit que la compétence ne suffisait pas pour qu’une équipe connaisse le succès.
Le rôle joué au sein d’un projet par ses membres et leur complémentarité sont essentiels.
Nous ne sommes pas non plus limités à jouer un seul et même rôle, cela peut varier en fonction du contexte.
Mais si nous pouvons tenir plusieurs rôles de manière spontanée, pour d’autres, qui ne correspondent en rien à notre manière de fonctionner, cela nous demanderait beaucoup trop d’efforts pour les incarner avec succès.

Fort de cet éclairage, vous comprendrez mieux pourquoi des équipes ayant tout pour réussir sur le papier se sont lamentablement plantées et qu’une meilleure connaissance de ces rôles leur aurait permis d’obtenir le succès escompté.

Pour en savoir plus sur la méthode Belbin, c’est ici

J’adore sa conclusion incantatoire qui résonne tout particulièrement dans l’univers des startups :
« Si nul n’est parfait, une équipe peut l’être ».

Zen la perfection partagée !

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